...à la mémoire des
Cheminots de Q.M.
C'est au cours du premier trimestre de l’année
1992 que mon ami Loïc Leblanc et moi même, alors agents de
maîtrise des ateliers de Quatre Mares, sortons de l'oubli
une impressionnante collection de négatifs
photographiques.
Une collection
inestimable et oubliée
Cette collection, de plus de 5.000 clichés, est
composée en majeure partie de plaques de verre dont la
plus ancienne est datée de 1912. Elles retracent
l'histoire des ateliers de Quatre Mares de leur
construction jusqu'à la fin de l'année 1975.
Création du Groupe
Archives Q.M.
Avec la participation de Raymond Thieulin, chef
d'équipe retraité de Quatre Mares, et de quelques
passionnés, nous fondons alors le "Groupe Archives Quatre
Mares."
Bénévolement nous prenons en charge et à nos
frais le développement d'une grande partie des négatifs.
Si dans un premier temps notre objectif est de préserver
ce trésor et de faire en sorte que chaque membre du groupe
possède une collection personnelle, nous entrevoyons
rapidement la nécessité de la dévoiler au public.
Une Expo Photo en
1994
Avec l'autorisation de la S.N.C.F. et l'aide de
la Mairie de Sotteville lès Rouen ainsi que celle du Photo
Club des Cheminots de Sotteville nous exposons en juin
1994, dans le hall d’entrée de l’Hôtel de Ville de
Sotteville, le fruit de notre travail sous la forme d'une
sélection d'environ 160 photographies.

De
gauche à droite: Hervé de Tréglodé: Directeur de région,
Léonard Rizza: Directeur des Ateliers de Quatre Mares, Joël
Lemaure et Loic Leblanc
D'autres Expositions suivront, quelques mois
après. La première à la bibliothèque "Elsa Triolet" de St
Etienne du Rouvray, la seconde à la Caisse d'épargne de
Sotteville lès Rouen puis une troisième au Point Info de
l'agglomération rouennaise, rue aux ours à Rouen.
Une autre vision des
Chemins de Fer Français
L'intérêt suscité est indéniable. Un grand nombre
de visiteurs découvre pour la première fois une face
méconnue de l’activité ferroviaire locale ainsi qu’un
fragment de l'Histoire de Sotteville
lès Rouen et de St
Etienne du Rouvray; deux communes où la densité de
Cheminots et leurs Cités, bien qu'aujourd'hui réduites de
moitié, étaient significatives.
De nombreux Sottevillais et Stéphanais ont, ou
ont eu, un membre de leur famille qui a travaillé aux
ateliers de Quatre Mares, dans ceux de Buddicom, au dépôt
de Sotteville, ou encore sur le Triage, à la Voie, au
Transport, etc........ Toutes ces activités si différentes
et pourtant si proches et solidaires représentent à la
grande époque de la vapeur un effectif total sur le site
ferroviaire qui dépasse 5.000 personnes.
Entre les murs de Quatre Mares se succèdent ainsi
depuis 1920 des générations successives d’ouvriers.
Mécaniciens, électriciens, chaudronniers, peintres, .....,
les effectifs flirtent souvent avec le millier d’agent
dans ces temps bénis où l’on ne parle pas encore de
chômage et atteignent temporairement, juste après la
libération, environ 1.600 agents.
Un objectif pour la
postérité
Devant l’enthousiasme des visiteurs, la rédaction
d'un ouvrage bibliographique s'impose au groupe. Faire
passer à la postérité, en quelque sorte, ce bastion de la
réparation des locomotives est dès lors la tâche rude,
mais non moins enrichissante, que se donne le G.A.Q.M.
Deux nouveaux venus, Sottevillais eux aussi, se joignent
au groupe pour l'occasion : Mlle Sandrine Folliot,
licenciée ès Lettres et Michel Croguennec, doctorant en
Histoire.
S'officialisant en association sous loi de 1901,
nous entrons alors de plein pied en terrain inconnu, celui
du journalisme. Nous interrogeons un grand nombre de
retraités et étendons nos recherches de
documents parfois jusqu'en Grande
Bretagne.
Un Livre témoin
Trois années de travail sont nécessaires à la
rédaction de textes qui, comme des chaînons manquants,
apportent aux photographies ce que ces dernières ne disent
pas. La maquette une fois réalisée, est utilisée presque
telle quelle par l’éditeur : “ La Vie du
Rail ”.

Ce livre, dédié à la mémoire des Cheminots,
comble une lacune. Il éclaire une face cachée de la
S.N.C.F., une branche sédentarisée, mais dont l’importance
n’est pas à négliger. C’est le seul ouvrage de cette
envergure qui retrace la vie d’un établissement de
réparation de locomotives.
Les 3000 exemplaires édités trouvèrent acquéreurs
dans l'année suivant sa parution.
Et aujourd'hui ce site
A l'heure d'Internet, le groupe se décide à
utiliser ce moyen pour prolonger son activité et
satisfaire les passionnés d'histoire.
On dit que pour mieux appréhender l’avenir il
faut bien connaître le passé. C’est notre ambition de vous
le faire connaître.
Pour
le Groupe Archives Quatre Mares
Joël
Lemaure